Divers : Club des Officiers, centre international de conférences, Abu-Dhabi (Emirats Arabes Unis) - 1987-1997 |
Le programme exigé par le Sheik Zayed comportait la construction d'un nouveau club pour les officiers de l'Etat Major de l'armée des Emirats. Faisant l'objet d'un concours international, notre proposition architecturale était basée sur un concept intégrant toutes les fonctions sous une même couverture, évoquant une immense tente arabe ou un faucon posé dans le désert. Bien que ce symbole fut l'intégration du programme de plus de 200 000 m2 comportant mosquée, centre de tennis, club hippique, section de football, résidence officiers et bachelors et 700 chambres d'officiers et d'invités étrangers en première phase.
Plan masse général.
Toutes les fonctions du club sont regroupées afin de créer une Agora de vie permanente.
Au niveau inférieur
Tous les équipements techniques sont prévus dans un sous-sol très spécialisé, reliés au centre technique par une galerie de circulation.
Au niveau RdC, on trouve :
Accueil, jardins cascades, administration.
Restaurant de 1 000 couverts, centre de tennis de tables, cafétéria, Bowling, centre de tir.
Tous les sports, piscine olympique, piscine et jardin d'enfants et de nombreuses salles d'entraînement.
Salle de billards - Salle d'escrime - Salle de sports avec 2 000 places de spectateurs, multiples fonctions, Volley bail - Hand ball - Basket - Squashs de compétitions. Importante salle de musculation - Salle de Judo et Boxe.
A ce même niveau : théâtre de 1000 places avec scène permettant la présentation d'opéras, loges et tous les équipements.
En étage
Salons d'accueil, salles de réunion, salles de jeux de table, salles d'informatique et de conférences.
En liaison directe et en demi-cercle, 700 chambres d'accueil 5 étoiles.
L'ensemble des réalisations de cette première phase représente plus de 200 000 m2.
La conception technique d'un tel projet exigea plusieurs études de développement avant la mise en compétition des entreprises.
L'entreprise générale, Al Haptour de Dubaï, a été retenue pour la réalisation de ce projet. N'ayant jamais construit d'ouvrage de cette importance, et pour la première fois me trouvant confronté à une entreprise mal organisée en méthodes, le client me convoqua et le général Abadi, malgré nos très bons rapports, me dit que ce projet n'était pas réalisable. J'ai convaincu ce commandant en chef de l'armée, en lui confirmant que j'en avais pris la responsabilité et que ce bâtiment serait réalisé.
De retour à Paris, je contacte l'entrepreneur et lui propose 2 ingénieurs, 1 ingénieur des Ponts et Chaussée, 1 ingénieur de central, qu'il accepte.
De plus les collaborateurs ingénieurs de mon bureau d'études sont mobilisés sur place et sont de la même formation. L'équipe est mise en place. Pour se convaincre, les ingénieurs de l'armée participeront à cet important ouvrage, certainement le premier dans le Monde Arabe
La première décision fut de construire toute l'infrastructure et la structure de couverture.
La mauvaise qualité du terrain exigeait des fondations profondes : une partie sur pieux et pour les points d'appuis portant la coupole, des caissons de 40.00m2 allant à 25.00 de profondeur. Chaque caisson recevait 1 des 6 appuis de la coupole de 62 500 tonnes.
Après avoir relié les points d'appui par des poutres encastrées dans le sable, poutres armées de précontrainte formant tirants, nous avions l'assurance d'une stabilité parfaite.
L'édification de la superstructure exigea un étaiement complet, divisible en 3 sections, 2 coupoles et 1 élément torique réalisable en dernière phase.
Pour le décoffrage, le poids important de la voûte exigeait que l'on utilise des vérins Freyssinet.
Il fallut à partir d'un ordinateur de contrôle, lever la voûte de 11 cm pour libérer les coffrages et les étais.
Phénomène curieux : tous les techniciens arabes, surpris par les méthodes européennes que j'utilisais depuis plusieurs années, qui étaient sur le chantier malgré une température de + de 40°C, disparurent devant ce dispositif libérant la structure de coffrage.
Etant donné les fortes températures pendant la période de coulage en continu du béton, c'est-à-dire jour et nuit, des toiles de jute arrosées en permanence devaient protéger les surfaces coulées le jour.
Sur recommandation de l'armée, nous avons utilisé des aciers protégés par une résine ce qui est une erreur, le rendement de l'acier nu dans le béton etant supérieur.
La structure terminée, tous les planchers intérieurs furent construits sous cette immense carapace.
L'isolation extérieure et intérieure, la correction acoustique fut remarquablement traitée.
En fonction des exigences climatiques, variations hiver/été, jour/nuit, un système de mobilité des façades vitrées permit de répondre aux variations de géométrie. Toutes les surfaces de béton intérieures furent recouvertes de marbres de carrare. Un soin particulier fut apporté à toutes les finitions.
Cette réalisation fut un exploit technique que les ouvriers arabes, palestiniens, soudanais, émiriens, indiens, pakistanais finirent avec une joie communicative. Nous croyons avoir trouvé ici l' influence de l'architecture comme entraînement à une oeuvre exemplaire.
Résidences d'officiers.
Afin d'accueillir dans cette phase les Officiers supérieurs et les personnalités civiles, 2 unités sur plan semi-circulaire furent construites.
Après de nombreuses concertations, le programme fut repris, en réduisant la surface des chambres, qui furent définies à 30m2 avec salle de bain et entrée, les suites juniors étaient de surface double, alors que les suites royales étaient de 150m2.
350 unités furent réalisées dans chaque aile, constituées d'une desserte intérieure avec des végétaux de qualité, l'aspect architectural définissant un lieu d'accueil de haut niveau. En étroite relation avec le club, cet ensemble entièrement préfabriqué, était la continuation d'un club de qualité issu du désert.
Chaque unité comporte des noyaux de liaison verticaux sur ascenseurs et escaliers. Toutes les structures sont en béton préfabriqué. Les façades ont été traîtées en panneaux béton blanc suivant une trame de référence.