Vélodromes : Vélodrome couvert, Bordeaux (France) - 1987Si la Ville de Bordeaux, avait transformé son vélodrome en stade de football, la piste cycliste aurait disparu. Mais sous l'impulsion de son Maire, Jacques CHABAN-DELMAS, la construction d'un stadium couvert où sont associées plusieurs disciplines sportives (cyclisme, athlétisme ou autres sports de salle), a offert à BORDEAUX un des lieux couverts les plus importants d'Aquitaine, qui peut rivaliser avec les grandes installations européennes.
La capacité d'accueil, variant de 5.000 à 8.000 places, permet d'accueillir des championnats internationaux.
Une piste cycliste de 250 m. de long et 7 m. de large, accompagnée d'une piste d'athlétisme, répond aux besoins des compétitions.
Les vestiaires et tous les équipements annexes sont installés dans les infrastructures du bâtiment.
Les accès par rampes à faible pente, facilitent les mouvements des spectateurs, et permettent un entretien motorisé pour tous les secteurs.
Les services de presse, salons, sont intégrés dans des zones privées, avec accès personnalisés.
Le plateau central est desservi par une rampe permettant, par sa largeur, la livraison de tous équipements temporaires pour concours équestres, spectacles de variétés, manifestations sportives comme la boxe, la lutte, le tennis.
Le choix du site - instable - a nécessité des fondations à grande profondeur, tout en limitant les concentrations de forces.
Les fondations se décomposent en 450 pieux d'une profondeur constante de l'ordre de 20 m.
Le parti structureal s'est développé autour de 2 principes :
1 / légèreté et grande portée ;
2l industrialisation de la structure.
Ces deux conditions furent remplies à partir du choix du bois. Bois du Cameroun (doussié) pour, la piste cycliste, avec structure en lamellé-collé ; la structure des gradins est de même nature, seules les essences choisies varient en fonction de leur utilisation (hêtre, pin d'Autriche et de Suède).
La structure primaire repose sur 4 points d'appui et constitue le parti constructif qui a été volontairement défini en fonction des espaces sportifs, mais aussi de la mauvaise qualité du terrain.
Sur un socle entièrement en béton armé, se répartissent les vestiaires et locaux divers, bien que les 4 points d'appui, dont la vision reste permanente à travers l'architecture de façade, dominent les surfaces de celles-ci, tout en marquant de l'extérieur, par la matière, le parti structural.
Afin de répondre aux critères de base : légèreté et rapidité, souci d'économie, et par là-même garantir une exécution exemplaire, un montage rapide entraînait la recherche d'une géométrie simple et répétitive, adaptée à la préfabrication en atelier de toutes les pièces de bois.
Les quatre poutres principales participent à la moitié de la surface de la couverture du bâtiment. Elles supportent l'ensemble de la couverture et sont hautes de 8 m. Dissymétriques par rapport à leur grand axe, elles sont toutefois parfaitement équilibrées de chaque côté.
Ces quatre poutres droites tridimensionnelles identiques sont mixtes ; elles reposent sur les quatre poteaux reconstituant un espace de base carrée de 80 m. de côté - dimension minimum pour répondre à l'inscription de la piste cycliste. Les éléments comprimés sont en lamellé-collé, les éléments tendus en acier.
Chacune se compose d'un treillis principal plan de 8 m. de haut et 80 m. de long, et de trois ensembles secondaires perpendiculaires au premier.
Les éléments en lamellé-collé du treillis principal sont eux-mêmes constitués de plusieurs poutres assemblées en caisson.
Le plus grand, la membrure supérieure, fait environ 1,35 x 70, formé de 4 panneaux de 16 cm. d'épaisseur, les premières diagonales, à chaque extrémité, reprennent des efforts de compression de 160 tonnes. Les deux panneaux verticaux sont alors liés perpendiculairement par trois autres.
Le tirant en acier est un tube reconstitué de section rectangulaire de 60 x 40 ; les autres éléments en acier sont des tubes cylindriques afin d'alléger l'espace structureal.
C'est pour simplifier l'assemblage principal dans l'axe du treillis et permettre une lecture plus claire du volume, que l'élément vertical central a été réalisé en acier, bien qu'il soit comprimé.
Chaque treillis a été pré-monté en usine, avant d'être transporté en pièces détachées et assemblées à nouveau au sol sur le chantier.
Ils ont été mis en place une fois reconstitués, et levés un à un par une seule grue.
Cette charpente reporte tous les efforts horizontaux qu'elle subit sur ces quatre poteaux en béton. Ceux-ci reprennent 300 T. environ verticalement, et 20 T. latéralement. Ils sont cylindriques. Ils font 3,30 m. de diamètre et sont entièrement pleins. Ils ont été coulés par tronçon d'environ 2 m. de haut dans des coques préfabriquées qui en constituent le parement, elles furent assemblés et montées sur le site.
Mille trois cents tonnes de lamellé-collé furent ainsi traitées, assemblées avec une recherche toute particulière dans les noeuds critiques, démontrant une première mondiale d'assemblage du bois.
Réalisée en atelier pendant les travaux de génie civil, la charpente fut transportée par éléments pré-assemblés sur une distance de 800 km. Elle fut mise en place avec d'infinies précautions de haubanage sur l'ensemble des 13.500 m2 couverts en moins de trois mois.
Le volume du béton utilisé est d'environ 10.000 m3.
La piste cycliste occupera le centre du bâtiment. Son grand axe correspondra à une des diagonales du carré qu'il couvre.
Les gradins seront répartis symétriquement de part et d'autre le long des lignes droites. Cette disposition évite les places le long des virages ; il faut rappeler que l'angle d'inclinaison de la piste est, à cet endroit, de 45°, ce qui rend impossible d'y assurer une bonne visibilité.
L'intégration de la lumière du jour, dans le but d'éviter les ombres pour les retransmissions télévisées, devait permettre d'affirmer cette importante mais légère structure spatiale.
Le volume qui se déploie dans l'espace se définit suivant une forme semi-pyramidale facilitant l'écoulement des eaux aux quatre angles, évitant ainsi tout entretien. Sa hauteur est de 40 m.
Les façades traitées en parement aluminium double paroi assurent une grande pérennité à l'ouvrage.
Cet ouvrage exceptionnel, à la technologie innovante et sophistiquée, démontre l'économie de matière, mais s'apparente aussi à un dessin fonctionnel pur et équilibré.
Il définit un nouvel exploit du bois dans le domaine des très grandes structures, et présente, pour l'avenir, une très importante ouverture de grande portée pour les bâtiments complexes et spectaculaires répondant aux diverses fonctions sportives ou de spectacles.
L'importance de l'économie est considérable. Elle atteint près de 50 % par rapport à un ouvrage de concept classique, métallique ou en béton, et supprime tout entretien de conservation.
Par ailleurs la chaleur d'aspect du bois est un élément de convivialité appréciable dans un monument de cette importance.
Mondialement connu pour les records du monde que les cyclistes ont pu obtenir sur sa piste, très sophistiquée tant dans le calcul que dans ses méthodes de réalisation, BORDEAUX démontre aux écoutes du monde sportif qu'un tel complexe offre de nombreuses possibilités de promouvoir le sport, la ville et l'architecture sportive, sur un plan international.