Canceropole de Toulouse : Canceropole de Toulouse - Projet n°2 - retenu - Projet n°2
Historique:
Les premières traces de l’implantation sur ce site datent du XVIIe siècle.
Une première explosion en 1852, conduit à son transfert sur l’île de Ramier sur la Garonne.
Dès le début du siècle dernier, la Ville de Toulouse s’intéresse à ce site pour créer un pôle dédié à la chimie et à son enseignement.
Lors de la première guerre mondiale, la poudrerie emploiera jusqu’à 30.000 personnes.
En 1924 est créé L’ONIA (Office National de l’Industrie de l’Azote) marquant la scission entre les activités de poudrerie et celles d’engrais à destination des cultures de la région toulousaine.
Ce site fut dénommé successivement : ONIA , A.P.C (Azote et produits Chimiques) et en 1990, AZ.F. (Azote et Fertilisants) appartenant à Grande Paroisse , filiale du groupe TOTAL.
Puis l’activité du site régresse, pour ne plus compter que 450 personnes en 2001, au profit de la Basse Seine. Son périmètre se restreint par la vente de terrains à la SEMVAT (entrepôts d’autobus Toulousains). Ce repli accompagne l’extension de l’agglomération toulousaine qui en vient à englober le site. Des équipements publics et privés, mais aussi des logements sociaux, s’installent en proximité de ce pôle chimique.
Le 21 septembre 2001, une explosion se produit et détruit le site ainsi que son environnement, laissant des installations hors d’usage.
Total et Grande Paroisse sa filiale, propriétaire du foncier ont décidé au mois d’avril 2002 de fermer définitivement leurs établissements, et de procéder au démantèlement des bâtiments et des installations.
Dans le cadre du « Plan Cancer » mené à l’initiative de l’Etat, la ville de Toulouse et la Communauté d’Agglomération du Grand Toulouse ont décidé d’affecter ces terrains à la construction du Cancéropôle du Grand Ouest, pôle de recherche de dimension européenne.
Il s’agit d’accueillir un vaste ensemble dédié à la lutte contre le cancer.
La friche industrielle sinistrée sera donc transformée en un campus dédié à la recherche, se prolongeant à l’Est jusqu’à la Garonne par un parc ouvert aux Toulousains.
Le projet, destiné à accueillir 750 personnes à la livraison, constituera le premier ensemble immobilier de laboratoires de recherche et de bureaux de ce pôle.
Le Député-Maire de Toulouse, aujourd’hui Ministre des Affaires Etrangères, en collaboration avec Pierre Fabre, Roger Taillibert et les services spécialisés de la Mairie de Toulouse a donc pris la décision importante de réhabiliter le terrain, situé au cœur de la ville, appartenant à la société TOTAL, où la société A.Z.F. provoqua une explosion qui détruisit entièrement ce pôle industriel de la ville. De plus, cet incident dramatique, par le nombre de décès qu’il provoqua, créa un véritable climat de psychose hostile à tout ce quartier.
Il y avait lieu d’apporter une solution valorisante à l’espace toulousain. Pierre Fabre disposant de plus de 10 implantations dans Toulouse, décida de procéder à leur regroupement, ce qui concernait près de 1.000 chercheurs. Puis d’autres Groupes comme GLAXO et SANOFI vinrent se joindre à cette idée extraordinaire consistant à créer un grand Parc Scientifique voué à la Recherche, au cœur même de Toulouse, et aux abords de la Garonne.
L’idée ayant fait son chemin, Pierre Fabre et Roger Taillibert, démontrèrent au Maire la richesse de ce concept pour la ville. De plus, ce nouveau pôle de recherche allait diversifier l’économie de cette grande métropole. La volonté de recherche alla beaucoup plus loin. Les équipes de chercheurs souhaitaient disposer d’un pôle clinique associé à cette recherche sur le cancer, d’où l’accord du Centre Claudius Rigaud de s’appuyer sur le Groupe Pierre Fabre.
Pierre Fabre devint ainsi le pivot de cette réalisation. 18 hectares lui furent attribués, lui permettant de réaliser un ensemble regroupant dans l’avenir, pour son Groupe, 2.000 chercheurs.
Cette aventure fut malgré tout perturbée par de nombreux problèmes :
- Le terrain appartenait à TOTAL et à l’Armée, où se trouvaient les dépôts de munitions pollution.
- La Garonne, référencée sur une crue millénaire, il fallait rendre le terrain insubmersible, le cas échéant afin d’éviter un sinistre.
- La pollution due à A.Z.F. exigeait un engagement financier important afin d’y remédier et de traiter le terrain.
- Le P.O.S. de la ville n’était pas favorable aux constructions, plafonnées à
19 m et soumises à un zonage restrictif en surface d’implantation, limitant la construction libre.
Pierre Fabre et le Ministre poursuivirent les études concernant le programme regroupant des laboratoires et des fonctions administratives. Un financement bicéphale fut mis sur pied, ce qui permit à la Caisse des dépôts de pénétrer dans ce dossier, et d’en devenir le maître d’ouvrage.
Ayant eu à faire face à toutes ces difficultés, 2 ans après, le Permis de Construire vient d’être déposé le 1er Juin 2005.
Les constructions devraient être en service en Octobre 2007.
Il reste cependant encore à vérifier si les associations collaboreront à une telle entreprise.
Cette grande idée pour Toulouse n’a pas encore entamé son cycle constructif.
LE SITE :
Situation
Au sud de l’agglomération Toulousaine, à peu près à 4 kilomètres du centre ville, sur la Rive Gauche de la Garonne, est accessible depuis la Route Nationale 20 dite « Route d’Espagne » et proche de la rocade Sud de Toulouse joignant Ramonville à Blagnac. Il se développe sur une surface de 17ha.
Les abords projetés du site s’inscrivent dans une démarche, à la fois de renouvellement et de réappropriation des rives par la Garonne, dans un cadre naturel en voie de disparition si près de l’agglomération, et de réhabilitation des friches consécutives à l’explosion des usines AZF.
De l’autre côté de la Route d’Espagne se trouve l’hôpital Marchand fondé en 1858. Ce centre psychiatrique est conçu comme un hôpital de campagne destiné à fournir aux malades un cadre de vie normal, fonctionnant en autarcie. Il incluait une ferme, d’où son cadre arboré.
C’est justement cette réintroduction de l’idée de nature, dans un contexte urbain et industriel traumatisé, qui donnera naissance à un parc proposant une alternance de zones plantées, ordonnées en damiers, contrastant avec les rives aux limites souples et changeantes.
Le bâtiment projeté s’inscrit ainsi comme un élément majeur de ce réinvestissement d’un urbanisme volontaire.
La Parcelle et sa desserte
L’ensemble Fabre, étant un pivot déterminant dans le concept du site, s’est vu attribuer la surface de 18 hectares. L’ensemble définitif du Groupe P. Fabre atteindra 80.000 m². La première tranche sera de 38.000 m².
Il est donc proposé d’implanter le projet sur la moitié Ouest de l’ancien terrain d’A.Z.F., sur une parcelle de 17 ha de forme presque rectangulaire, située au Sud de celle-ci, pratiquement plat, à la cote de 143.10 m environ.
L’accès à l’ensemble immobilier s’effectuera depuis la voie d’Espagne par une entrée unique en vis-à-vis de celle de l’hôpital Marchand, au niveau d’une inflexion naturelle du talus, sur la limite Sud de la parcelle projetée.
Cette voie surplombe le terrain de manière variable de 1.50 à 2.00 m . Il est prévu un remblaiement de 20 à 40 cm de terre végétale, selon les endroits, sur le terrain naturel portant la cote entre 143.10 m et 143.50 m environ.
Le Plan Masse
Le jeu des contraintes réglementaires sur ce site, à la frange de la trame orthogonale plantée des terrains militaires s’ouvrant sur un paysage de rivière, nous a amené à proposer un parti architectural s’inscrivant ainsi comme un élément majeur pour le réinvestissement d’un urbanisme volontaire dans un tissus péri-urbain. Le complexe respecte donc les critères exigés par le règlement de l’urbanisme.
Le bâtiment et ses abords jouent sur l’ambivalence des formes organiques à la fois fluides et symétriques.
Celui-ci se développe selon deux axes orientés Nord–Sud et Est-Ouest permettant à la fois une compacité optimale du projet et une rationalité des circulations des personnes et des matières.
Sur ces axes se déploient cinq modules, dont un au centre de la composition, les bâtiments définitifs s’organisant autour de 9 moldules.
La première tranche comporte 5 modules dont l’un représente la partie active de l’établissement, puisqu’il abrite l’accueil et l’administration.
A l’opposé de la rive, la composition s’appuie sur la Route d’Espagne, en regard de l’hôpital Marchand, offrant la même idée de symétrie dans un registre orthogonal adouci par la présence d’abords plantés denses et développés.
La présence de ces établissements en vis à vis donnera à ce tronçon de voie un caractère composé et paysager, absent des constructions plus récentes de part et d’autre de la N20.
L’accès principal a été influencé par la voie d’Espagne.
L’entrée est prévue face à l’hôpital Marchand et sera modifiée ultérieurement. La parcelle du Groupe de P. Fabre est ceinturée par une voie de 6 m de large desservant tous les bâtiments actuels et futurs, de même que les parkings. Cette voie répond aux besoins des services de sécurité : accès, contrôle d’accès global depuis le poste d’accueil jusqu’aux laboratoires.
Les matières premières disposent quant à elles d’un accès privilégié.
L’idée de base s’appuyant sur la forme gellulaire des produits pharmaceutiques a été transformée en une architecture conditionnée par les contraintes réglementaires introduites par décision d’un maître d’ouvrage temporaire ne répondant qu’à la construction de bureaux. L’Architecte en tant que tel eut à subir maints aménagements. En fait, l’idée de base fut dénaturée.
LE PARTI ARCHITECTURAL :
Le projet s’appuie sur une base fonctionnelle, et aussi sur un formalisme dont les contours doivent exprimer, non seulement l’essence du produit, mais aussi ajouter à ce site une image dynamique permettant de découvrir un univers de travail novateur dans un cadre naturel totalement renouvelé.
Ce plan en peigne replié se referme sur un parc intérieur en fer à cheval conduisant à l’entrée principale, dans l’esprit d’une composition classique plus ordonnée, en contraste avec la liberté du parc au paysage de bord de rivière.
Ces pôles sont reliés par des bandes horizontales légèrement plus basses et articulées par des liaisons verticales saillantes.
Cette volumétrie est soulignée par le traitement différencié des façades :
L’alternance de murs-rideaux et d’allèges en métal laqué pour les volumes principaux, de pans coupés et de façades légèrement inclinées pour le bâtiment en U, modelant l’espace par un effet de perspective dynamique pour contrebalancer la symétrie du parti en fer à cheval.
Les gabarits des volumes (16 à 19m, faîtage à 21m) sont contraints par le P.O.S.
Le choix des matériaux des modules (couverture en métal laqué serti blanc, de la couleur des façades métal laqué) contribuera à distinguer la perception des modules tout en courbes et facettes, en opposition avec les horizontales plus mineures (mur rideau en verre, traité thermiquement, et verre émaillé pour les allèges) et donnera une image reflétant à la fois l’aspect technologique et performant des activités se déroulant à l’intérieur
Quant aux façades, elles répondent aux formes dynamiques et souples des volumes répétitifs. Cette volonté crée une harmonie directrice dans le paysage et souhaitée par Pierre Fabre, toujours très attaché au milieu de vie de ses chercheurs.
C’est une très grande symphonie qui se jouera ici, où l’air, la lumière, la végétation, l’eau et la volonté architecturale répondront au souhait dont ce créateur, toujours à l’écoute de ses directeurs, a voulu les faire bénéficier.
Entièrement en béton armé, fondée sur des pieux, avec une toiture flexible en aluminium dont le traitement en matière d’éclairage diffusera la lumière au travers du lexan. L’organisation en Plan Masse en double peigne offre une vue extraordinaire sur la Route d’Espagne d’une part, et sur la Garonne d’autre part.
Le parti choisi pour ce complexe, dont l’effet doit être générateur d’un milieu de création sur l’ensemble du site, alors que toutes les images d’un classicisme contemporain qui meublent la ville de Toulouse doivent être éloignées de ce site. Encore une fois, Roger TAILLIBERT veut répondre en s’appuyant sur une structure rattachée aux formes.
Il y a dans ce projet une recherche de la forme inédite, où la métaphysique pure pénètre la création. Ces images seront la démonstration, qu’il cherche l’inspiration dans les domaines les plus divers pour vaincre. L’image volontaire se dirige vers l’avenir.
Si les chercheurs occuperont ces lieux afin d’y servir l’humanité, l’expression de ce jeu de volumes influera sur les nouvelles découvertes de molécules qui jailliront de ces volumes actifs illuminés par l’art de leurs concepteurs.
Au sein d’un parc où les végétaux seront liés à l’Homme, où l’eau fera chanter la dynamique de cet espace de recherche, l’Architecte aura été la face conviviale de l’invisible où l’éclair fulgurant de la perfection rendra visible un espace de contemplation, où seul l’Art rencontrera les profondeurs de l’Homme scientifique.
Aspect Général – Contraintes :
Les bâtiments sont organisés autour d’une cour d’honneur, où bassins et jardins se reflètent dans les façades-miroirs, provoquant une imagerie riche en formes au sein de laquelle les fontaines valoriseront l’entrée/accueil.
Constitué en peigne par 2 modules symétriques, l’aspect général de cet ensemble, visible de la Route d’Espagne ou de la Garonne, offre un jeu de volumes, certes groupés, mais dictant la qualité d’un espace futur où de jour comme de nuit, l’activité de recherche se poursuivra.
Comment définir la dynamique de ces formes ? Le choix volontaire d’une structure béton, de formes courbes s’appuyant sur un voile étanche définissant à la fois les courbes et une géométrie torique répond aux fonctions, à l’expression de la lumière naturelle avec toute la surface des volumes. Tous les laboratoires sont malheureusement développés dans des surfaces trop étroites de par les limites constructives. Les règlements du P.O.S. ont limité une certaine volonté d’expression architecturale. La recherche d’un climat d’ouverture sur un patio intérieur a limité l’éclatement des services d’où une concentration humaine très dense.
Les terrains sont submersibles. Par ailleurs, le développement existant a pollué la zone en profondeur. Une dépollution est donc exigée en profondeur. Elle sera dirigée par l’équipe de TOTAL, propriétaire du site, en relation avec la D.D.E.
Le point le plus important consiste à mettre le bâtiment hors de l’eau, en le surélevant de 1,15 m, afin de permettre le passage de l’eau et l’écoulement des crues. C’est à dire, qu’il faut construire le bâtiment sur des pieux afin de le surélever.
De plus, ces dispositions sont encore accompagnées d’exigences de hauteur limitée, de surface constructible réduite, restreignant ainsi les possibilités de Plan Masse libre.
Réseaux Imposés :
Déjà énumérés plus haut, les risques d’inondation du site ont exigé un dispositif de structure hors d’eau de tous les bâtiments.
Les recherches géotechniques exigent des pieux à une profondeur variable de
12.00 m. Un tirant d’air de 1.15 m doit laisser circuler l’eau sur tous les périmètres des bâtiments construits afin de répondre à une crue millénaire. Aucun parking ou locaux en sous-sol ne sera toléré.
Le réseau de V.R.D. sera entièrement créé sur un encaissement répondant à une stabilité lors de l’inondation. Un parking paysager est donc prévu.
Les eaux de pluies sont envoyées à la Garonne. Le dispositif du réseau d’incendie sera maintenu et développé.
Les bassins de rétention auront une garde d’eau de 20 cm, et les eaux seront traitées. Le réseau d’eaux de la ville ne présente pas de difficulté particulière. Quant à E.D.F. la puissance qu’elle peut fournir convient tout à fait à celle nécessaire au bon fonctionnement des laboratoires de P. Fabre. Pour ce qui est du gaz, il existe un réseau régional.
A noter, que le terrain se situe à l’intérieur d’un couloir aérien, dont le cône exige un affaiblissement à 35 db.
PROGRAMME ET TECHNIQUE :
Le programme de 38.000 m² faisant l’objet de la première phase a été inscrit en fonction des règles d’urbanisme des accès par la Route d’Espagne.
L’importance de l’image du Groupe P. Fabre, sur le plan commercial s’apprécie en fonction du résultat architectural et fonctionnel.
La volonté de l’Architecte était de créer ici le plus possible de volumes gellulaires, afin de se rapprocher au maximum des fabrications moléculaires. La multitude de représentants de la Maîtrise d’ouvrage dans cette opération, engendra un climat peu propice à la création architecturale.
Malgré, les contraintes pécuniaires d’un organisme sortant du domaine construit, nous avons avec maintes difficultés répondu au domaine fonctionnel en sacrifiant l’esprit scientifique, voir harmonieux de ce complexe.
Etant dans l’obligation de répartir une surface constituée pour les 2/3 de laboratoires et 1/3 de bureaux, une distribution de synthèse fut acceptée par les chercheurs du Groupe P. Fabre.
4 modules seront créés, reprenant les 4 principaux pôles de recherche de Pierre Fabre implantés sur Toulouse :
1 – I.S.M.T.
2 – P.F.D.C.
3 – C.A.P.F.
4 – F.D.P.F.
Chaque module comporte un bâtiment dont le volume comporte un jardin intérieur apportant une luminosité complémentaire.
La forme, issue des fonctions et des contraintes, répond à un développement de façades s’appuyant sur une géométrie simple, dont la base et le toit.
Relier entre elles par une liaison horizontale, le flux d’utilisation : chercheurs, bureaux, et zone administrative, communiquent par un réseau exigé par les utilisateurs.
Un magasin de matières premières relié par une galerie souterraine permet de distribuer tous les produits nécessaires à la recherche. Un contrôle adapté à chaque section et unité est prévu par badge et code.